Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

vendredi, 25 mars 2005

Lettre ouverte à mon frère

Mon frère envisage d'abandonner ses études d'économie et de finance, désespéré qu'il est par la morosité actuelle du marché.

Mon frère a toujours été l'économiste de la famille. A trois ans, alors que les autres enfants jouent encore au berceau, lui s'intéresse déjà aux privatisations du gouvernement Chirac (on était en 1986).

A l'âge de 10 ans, il présente à mon père un plan de rachat de notre maison familiale. La même année, il fait remarquer à ma mère que le modèle économique de notre famille n'est pas viable puisque "maman tu n'es pas source de revenus".

En 1995, il publie un livre blanc : "La Principauté de Monaco en tant que paradis fiscal : quels enjeux pour l'Association Sportive de Monaco ?"

Trois ans plus tard, de sa propre initiative, il adresse à Issop Ravate un rapport intitulé "Groupe Ravate, 1998-2018 : perspectives pour les vingt prochaines années", rapport qu'un membre de la famille Ravate a qualifié récemment de "document le plus visionnaire qu'il n'ait jamais lu". Ce document fait toujours référence au sein du groupe.

Début 2000, il est le premier à annoncer l'éclatement prochain de la bulle Internet : "Bulle là i sa pété mi di a zot les gars !! I sa pète dans la gueule ban gars là !!! I vo pas rien ban start-up là !!". Ca se passe sur la plage des Roches Noires après un retour de boîte vers les 5h du matin. Les circonstances de cette prévision font qu'elle n'a pas été crue. Mon frère avait pourtant raison encore une fois.

Pour toutes ces raisons j'ai décidé de lui écrire pour lui demander de revenir sur sa décision.

Que la paix, la santé, la prospérité, la joie de vivre soient sur toi.

Je t’écris en ces périodes troubles pour te conjurer te garder la foi en cette magnifique vision du monde qu’est le capitalisme libéral. Je connais tes aspirations et je te demande de ne pas les abandonner. Ne cède pas aux sirènes du désespoir, n’écoute pas toutes ces clameurs calomnieuses car le capitalisme ne renaîtra pas de ses cendres puisqu’il n’est pas mort.

Toutes les personnes qui aujourd’hui jettent aux nues la Bourse sont celles là même qui hier la vouaient aux gémonies. En réalité, je te le dis, ces gens là sont des hypocrites qui pervertissent le système et complotent pour sa perdition. Heureusement, il y a encore quelques rares hommes et femmes à braver l’adversité, et ce seront eux les bienheureux. Aie confiance en Alan Greenspan car c’est de là-bas que viendra le premier mouvement de reconquête et il en sera l’un des leaders. Aussi n’abandonne pas tes études de trader car la pseudo-crise actuelle ne durera que l’instant de la vie d’un papillon. Le système saura traquer les traîtres et les châtier.

Abandonne tes études d’économie pour l’informatique et tu te retrouveras dans trois ans à saisir la comptabilité chez Carrefour et deux plus tard, tu seras dans le meilleur des cas facteur comme Angelo Tiburce et dans le pire comme Olivier Besancenot.

En revanche en devenant trader, tu peux espérer au pire travailler chez Lazard et au mieux chez Goldmann Sachs. Alors à toi les joies de Londres ou de New York, les jeunes éphèbes et naïades, la richesse, le pouvoir, le luxe, la luxure, les voyages, les états de conscience modifiée, l’impunité, les tables réservées au Café del Mar ou à Fabric. A toi les week-end à Florence avec la top-model ou actrice du moment, trois pages par an dans Vanity Fair. Tu auras entre tes mains le pouvoir de faire travailler ou de licencier des milliers de personnes, le pouvoir de faire tomber des gouvernements et plein d’autres choses que j’oublie.

Voici les possibilités qui s’offrent à toi aujourd’hui. Entre une vie casanière sur un volcan au milieu de l’océan et des aller-retours en jet privé entre Paris, Tokyo, Londres, New York. Choisir la possibilité tu as.
Le pouvoir est entre tes mains, fais en bon usage.

En le capitalisme toujours tu croiras. Dans le marché, toujours la confiance tu auras. La mondialisation, à jamais tu promouvras.

Reshad, ton frère qui t'aime.

Le Port, le 25 mars 2005.

vendredi, 18 mars 2005

J'aime, j'aime pas....

Vous avez été nombreux et nombreuses surtout à m'écrire pour me dire : "ton blog est super sympa mais t'es qui resh4ever ?". Alors aujourd'hui, dans un souci de mieux me faire connaître, voici mon j'aime, j'aime pas.

J'aime (beaucoup) : Zara, la presse féminine, la mode, dormir, la variété française, l'OM, la marque Sonia Rykiel, les Puma, les barbecues, rigoler, Audrey Tautou, les jardins publics, lire, la levrette, le cinéma chinois, Radia, le shopping, Daphné Roulier, le Bistrot à Saint-Denis, les jolies filles style "voisines de palier", les strings qui dépassent, Internet, les enfants de 3 à 10 ans, les carnets de Farah, la cuisine indienne, libanaise et italienne, fumer des clopes après manger, lire les sms de mes cousines et de ma soeur, dire "up your boom boom", le poker, Norah Jones, les milles feuilles, PES sur la PS2, les canulars, les textes de Carl de Canada, Paris, les massages, écouter Free Dom (au second degré), l'émission Tout le monde en parle, la Star Ac', Jamel, Ryu (le fils de Carl de Canada), bronzer, l'odeur de la mer, dire "tire le frein à main et mets les warning !!", le narguilé et les thés à la menthe, les cafés égyptiens, etc....

J'aime pas (beaucoup) : les gens qui se sentent obligés de faire la conversation (coiffeurs, esthéticiennes, taximen, etc..), les poils chez les filles, Bataille & Fontaine, France Telecom, les bêtisiers à la télé, les monsieur-je-sais-tout, la condescendance, les célébrités ringardes, le racisme, la révérence des animateurs télé, les multinationales, la mondialisation (telle qu'elle existe aujourd'hui), les lobbies, l'OMC, les politiciens corrompus, les jeux à la télé, le café, les gens qui n'ont pas d'humour, la vantardise, la bêtise, la paresse intellectuelle, Marc-Olivier Fogiel, les ladi lafé et les commérages, Johnny Guichard, le qu'en dira-t-on, les sonneries de téléphone portable, etc....

A compléter...

jeudi, 17 mars 2005

"Radia, tu es tombée chez des voleurs !"

Extrait de La face cachée de la Star Ac', enquête de Geneviève Petit.

Ainsi 18 avril 2004, la machine a ripé. Les elèves devaient chanter Marcia Baila de Rita Mitsouko. Un exercice plutôt contre-nature pour la douce Lucie qui recueille trois avis négatifs des professeurs. Elle est donc nominée avec John (le danseur chevelu) et Sofiane (le grand beur qui aime sa maman). Le collège [des professeurs] communique son verdict à TF1. Etienne Mougeotte est alors en déjeuner d'affaires. Les professeurs et le directeur doivent attendre jusqu'à 16 heures qu'il puisse donner son avis. La position du vice-président de TF1 est très tranchée : il n'est pas question que Lucie coure le moindre risque d'être éliminée. Même s'il tutoie Etienne, Gérard [Louvin, directeur de la Star Ac'] n'a qu'à s'incliner. Impossible de faire valoir le point de vue de l'équipe pédagogique. Lucie est donc épargnée et c'est la délicate Radia, amatrice de chant lyrique et étudiante en droit, qui prend sa place. Cette intervention est tout à fait règlementaire. L'article 2 du règlement signé par les candidats [le] stipule en effet. [...] En l'espèce, Etienne Mougeotte à qui nous avons transmis nos informations le concernant mais qui n'a pas souhaité les commenter, a été ajouté au collège, point barre. Très destabilisée par sa nomination, la chanteuse lyrique égarée à la Star Ac' ne peut même pas choisir la chanson qu'elle voudrait pour son évaluation. Milo [un prof] refuse de forcer son poulain John à donner à Radia la seule chanson mixte de Julien Clerc proposée aux élèves. Elle chante donc, contrainte et forcée, Ma préférence à moi, de Julien Clerc. Exit Radia. Epilogue de la soirée, le père de Radia apostrophe Nikos [l'animateur de l'émission] en direct en criant : "Radia, tu es tombée chez des voleurs".


Voilà ce qu'ils ont fait à Radia, ma Radia, la plus belle, la plus (la seule ?) talentueuse de la Star Ac'. Je n'ai pas de mots assez forts pour exprimer ce que je ressens. Keep strong & surtout keep cool Radia, le talent, la beauté et la gentillesse sont des qualités inestimables qui t'ouvriront des portes bien plus grandes que celles que t'ont fermées Mougeotte & Co. Radia, tu mets du soleil dans ma vie comme dans mon coeur, je t'aime...