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samedi, 15 octobre 2005

"Nous faisons des caris de chien et nous le faisons bien"

Bon, d'après Libération, à la Réunion, on mange des chiens en cari. On aura tout entendu.

Un lecteur du Quotidien a tenu à leur répondre :

Je suis réunionnais et je ne me retrouve pas dans l'article de la correspondante de Libération à la Réunion, à propos de ma culture culinaire et de mes pratiques culturelles pour pêcher les requins. Je suis particulièrement déçu car votre correspondante qui n'a pas dû faire beaucoup de terrain mais s'est plutôt basée sur des 'on-dit' (ladi lafé en Créole).

Bref, que des préjugés. Il est vrai que certaines familles chinoises ont mangé du chien jusqu'à dans les années 60 ou 70 mais cela reste exceptionnel car ils ont reproduit une pratique plus courante en Chine, au Vietnam, en Corée. Il existe peut-être encore aujourd'hui des familles qui mangent du chien en France, peut-on pour autant affirmer que tous les Français mangent du chien ?

A La Réunion, les personnes qui dénoncent ces faits sont généralement membres de la SPA, tous métropolitains (Zorey), ceux qui condamnent et qui jugent sont des métropolitains, leurs réseaux en France qui compatissent sont également 'Maîtropolitains' et ceux qui écrivent dans les journaux ici en tant que journalistes sont aussi métropolitains. Cela est en train de devenir une affaire récurrente de 'Créole-Zorey'.

Ces personnes n'hésitent pas à accuser les Réunionnais de barbarie à l'encontre des animaux pourtant dans cette communauté métropolitaine, on pêche aussi à vif. Tous les pêcheurs aux gros à St-Gilles (Zorey land) sont très
majoritairement des métropolitains et pour pêcher le thon, le marlin ou l'espadon, ils mettent des appâts (bonites) vivantes en enfilant les hameçons dans les deux yeux pour les rendre aveugles et elles s'agitent dans l'eau pour attirer ainsi les plus gros poissons. J'irai même plus loin : la pratique de pêche au requin avec des chiens, présentée comme une tradition locale, nous vient.... du sud de la France ! Je suis issu d'un quartier de pêcheurs et les vieux pêcheurs affirment que la première fois qu'ils ont vu cette pratique de pêche, c'était une 'technique' de marins marseillais 'importée' à la Réunion au début des années 80. Vous pouvez même voir dans les archives du journal des années 80 où travaille votre correspondante, des photos et des articles sur les prises des plus gros requins pêchés par des militaires métropolitains avec la même technique dénoncée par ce réseau de personnes dominantes et blanches.

Cette polémique est à replacer dans un contexte (et c'est aussi le rôle d'un journal que de prendre du recul) : celui d'un système de domination néo-coloniale où La Réunion est toujours contrôlée par un réseau de métropolitains qui cherchent à dénigrer l'image du Réunionnais, et ce par tous les moyens. Les métropolitains le savent, les Réunionnais sont toujours soumis et ils utilisent cette soumission pour exercer leur pouvoir.

Cette affaire montre également à quel point les Européens blancs placent désormais le chien au rang d'un enfant, le considèrent comme un être humain. A ma connaissance le chien est encore un animal et l'homme est le seul animal social. Il convient donc d'apporter une réponse proportionnée à cette triste affaire. Le sort des hommes semble beaucoup moins émouvoir que celui des bêtes.

La Réunion d'aujourd'hui traverse une période difficile : fort chômage, crise identitaire, violences. Pourquoi ne faites-vous pas des sujets sur les conséquences psycho-sociologiques de l'esclavage et de l'engagisme chez les Noirs à La Réunion ? Quelles sont les causes de l'alcoolisme, de la carence éducative, des échecs scolaires, les incestes, les viols, la délinquance, les violences conjugales... Pourquoi le chômage atteint les 75% dans les quartiers populaires ? Pourquoi une personne sur quatre vit-elle sous le seuil de pauvreté à la Réunion ? Quels sont les problèmes d'identité dans cette société post-esclavagiste, transculturelle et raciste en même temps ? Pourquoi ne vous intéressez-vous pas aux conséquences de la déportation des enfants réunionnais dans la Creuse ? Mais non, les problèmes des chiens sont plus importants que ceux des Réunionnais. Le règne du sensationnel aurait donc contaminé Libération ? Ne « staracadémiser » pas le journalisme.

Grand KoK

Commentaires

Effectivement la correspondante de Liberation aurait du se renseigner avant d'écrire et Libé verifier avant de publier.

Et quand bien même des personnes mangeraient du chien à la Réunion, où est le problème?
Le statut d'un animal est relatif selon les endroits du monde.
En occident nous mangeons bien du boeuf, or cela est inconcevable pour un hindou ou un tamoul.
Manger du chien n'a rien de barbare. Mais personnellement j'ai beaucoup cherché, je ne connais personne qui mange du chien à la Réunion.

Comme le dit si bien Gran KoK, des pecheurs "metros" utilisent des poissons vivants qu'ils mutilent prealablement comme appât pour pecher.
Selon les associations de défense des animaux cela est t'il moins grave qu'utiliser un chien?
Si la valeur d'une vie est fonction de la dimension de l'enveloppe charnelle qui la contient, alors la vie d'une baleine ou d'un éléphant aurait plus de valeur que celle d'un homme ou d'une femme. Et dans la même logique, chez l'être humain, la vie d'un obèse aurait davantage de poids (c'est le cas de le dire) que celle d'une personne de 70 kg.

Le pêcheur déclaré coupable selon le tribunal a été condamné à payer 5000 € d'amendes + 4000 € de dommages et interets à 4 assos de defense des animaux (dixit Libé du 10/10/2005).
Comme chacun le sait un pêcheur ne roule pas sur l'or.
9000 € c'est peut être pour lui 9 mois de salaires.
Sachant que cette personne a une famille, le tribunal et les assos se sont ils demandés comment cet homme va vivre?
Ces propos ne sont en aucun cas une défense de ce type d'acte qui doit effectivement être condamné quel que soit l'appat vivant utilisé, il s'agit simplement de constater que l'aspect social n'a peut être pas été pleinement mesuré.

Je ne m'attarderai pas sur l'aspect relation Kreol/Zorey du courrier de Gran KoK. Je constate simplement la pertinence de son analyse.

PS:Il parait que Frederique SEIGLE, l'auteure de l'article, travaille au JIR. J'espere qu'elle n'écrit pas le même genre de connerie dans ce grand journal réunionnais.

Gran DiaB

Écrit par : Gran DiaB | samedi, 15 octobre 2005

Les gars au fait a propos de la journaliste de Libé qui a fait courir le
bruit que les Réunionnais mangeaient du chien...

En fait, l'explication est simple.

Lors de son reportage, à La Réunion, elle a rencontré un mec qui lui a dit,
péremptoire :

Mange mon cabot !

D'où le malentendu !...

Gran KBO

Écrit par : KBO | vendredi, 28 octobre 2005

Bonjour
je pense qu'il faut arrêter immédiatement cette personne qui vend des articles à sensations.
Notamment c'est Frédérique Seigle, journaliste qui a révélé par des articles fracassant : les chiens apâts faisant croire à une coutune locale, le cari de chiens (le reunionnais consommerait du chien) ainsi que dernièrement l'affaire de l'enlèvement du peitit alexandre en omettant de préciser (car ça fait vendre) que le petit faisait partie de la secte par l'intermédiaire de ses proches.
Continuez à nous dénigrer, un jour ou l'autre il faudra sûrement rendre des comptes.
Je suggère au comité de tourisme de la Reunion de s'y interesser de plus près.

Écrit par : max | dimanche, 05 août 2007

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