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samedi, 09 juin 2007

Mon amour des carottes

J’aime les carottes longues, dures et épaisses. Je sais, dit comme ça, ça peut paraître tendancieux mais vous me connaissez, loin de moi cette idée.

J’aime tout dans ce légume, du rituel de sa préparation à sa dégustation.

Oui, on ne mange pas une carotte, on la déguste. Et avant de la déguster, on la prépare.

Tout commence par le choix de la carotte. On pourrait croire qu’il est facile de trouver une carotte longue, dure et épaisse. Rien n’est plus faux.

J’aime plonger ma main dans le sachet de carottes sans le regarder, tâter toutes les pièces avec mes mains habiles jusqu’à trouver l’objet de mes désirs.

Je ne sais plus qui a écrit : « L’amour naît aux yeux, des yeux il va au cœur, au cœur il prend racine » mais c’est exactement ce qui se passe quand je pose alors mes yeux sur cette carotte parfaite.

 

La laver avant de la croquer.

 

Je la passe sous l’eau, je la frotte, la tord un peu pour enlever les impuretés, elle se gorge d’eau et, sensation exquise, j’ai l’impression qu’elle grossit entre mes doigts.

 

La contempler avant de la croquer.

 

Comment ne pas être excité par un légume qui se tient droit devant nous, fier comme un soldat au garde-à-vous ? Cet élancement vers le ciel est la promesse de nous envoyer directement au 7ème.

 

Sentir son parfum avant de la croquer.

 

Je porte la carotte à mon nez. C’est divin. Je n’ai alors qu’une envie. La mettre dans ma bouche. Sur ma langue, je la passe, sur toute sa longueur. Je ne la croque pas encore, je fais durer le plaisir. Je la suce tout doucement, elle est encore mouillée, j’avale son jus délicieux.

Enfin la croquer.

Elle rentre et sors de ma bouche à un rythme effréné. Plus rien n’a importante quand une carotte cogne contre mes joues et vibre sous mes dents. J’ai l’impression de ne plus toucher terre, je plane littéralement, mon cœur s’accélère, j’ai des frissons dans tout le corps.

Sensation de plénitude ultime et de jouissance infinie.

14:50 Publié dans Amour | Lien permanent | Commentaires (23) | Tags : carotte

vendredi, 01 juin 2007

Dans la garçonnière de Jean-Claude Brialy

Le décès de Jean-Claude Brialy semble avoir réveillé de vieux souvenirs chez certains.

Commentaire posté sur un autre blog par "un homme qui pleure" mais depuis supprimé :

"Je vais me lancer sinon personne ne le fera. C’était il y a quelques années déjà. J’étais assis sur un banc en train de regarder la Seine quand un homme est venu s’asseoir. Au bout d’un moment il m’a demandé si j’avais lu Montherlant. Je pensais qu’il s’agissait d’un jeune romancier. Il sourit. Il m’expliqua son œuvre et comme il commençait à faire froid il m’invita à prendre un thé dans un salon. Comme il était d’agréable compagnie, j’ai accepté.
Le thé était délicieux et il m’expliqua les divers types de thé. Pour moi qui n’avait jusque là connu que le Bois Chéri et le Lipton, ça a été une vrai découverte.
Pendant que j’avalais une gorgée bien chaude, il posa sa main sur mon genou. J’ai sursauté et il m’a souris. Il la laissa un moment à cet endroit avant de remonter. Je le laissais faire. Il me demanda si je voulais venir chez lui. Je ne sais pas ce qui m’a pris mais j’ai dit oui.
Nous avons marché, en silence, jusqu’à sa garçonnière qui se trouvait à quelques dizaines de mètres.
Je passais la porte avec un peu d’inquiétude. Il pris ma veste, puis la main. Il passa sa main dans ma barbe et il a commencé à enlever ma chemise. Il savait que c’était la première fois.
Sa main vint entre mes jambes et mon organe a commencé a gonfler par le désir. Je me souviens encore de sa bouche. Le reste n’est que luxe, calme et volupté. Je prefère le garder pour moi.

J’ai gardé cette rencontre au fond de moi toutes ces années. Je ne l’ai jamais raconté à personne, pas même à ma femme. C’était il y a 17 ans.Il s’appelait Jean Claude Brialy."

Jean-Claude Brialy est mort

medium_auton20.jpgQuelle ironie ! Il était celui qui évoquait le mieux la mémoire de ces grands artistes disparus. Il avait toujours une anecdote à raconter sur Romy Schneider, Jean Gabin ("Ah Gabin !"), etc. On avait parfois l'impression qu'il vivait dans le passé, qu'il n'avait pas fait le deuil de ses belles années. J'ai le souvenir d'une émission où il critiquait les acteurs d'aujourd'hui et les comparait à Jean Gabin : "Ah Gabin c'était autre chose quand même.........."

Aujourd'hui, il est mort et personne ne fera sa nécrologie aussi bien que lui l'aurait fait.