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lundi, 14 avril 2008

Jeunesse Eternelle

La jeunesse est éternelle. Je ne sais pas qui a sorti cette connerie mais c’est vraiment n’importe quoi.
Lorsque j’ai eu 25 ans et que j’ai pris 20 ans en allant dans une boîte où se déhanchaient des minots et des filles de 19 ans, j’étais au bord du suicide. Mon psy m’a filé des médocs mais je savais que cela me détruisait.
Je me suis rappelé d’un truc que j’avais lu dans le train qui me ramenait de Perpignan. Les empereurs chinois pour conserver leur jeunesse couchaient avec des jeunes vierges.
Je me suis dit que ça pourrait marcher sur moi aussi.

Je me suis mis à sortir exclusivement avec des personnes de moins de 25 ans. Pas pour le côté vierge car très peu pour moi. Que la personne qui déclare avoir pris son pied avec un(e) vierge lève la main. Ok ça peut être touchant, émouvant, navrant, pathétique mais prendre son pied NON.

Elle s’appelait Julie, elle avait 22 ans. Dès le début de notre relation, je lui ai expliqué que celle-ci cesserait le jour de ses 25 ans. Elle pensait que je plaisantais. Le jour de son anniversaire, je lui ai offert un bouquet de roses rouges, une soirée à l’opéra et à minuit sur le boulevard des Italiens je lui ai rappelé mon engagement. Le bouquet a terminé sous les roues d’un taxi et je me suis pris une gifle.

Cela m’a servi de leçon. Trois ans c’est vrai que c’est long …. La fois suivante j’ai décidé de sortir avec quelqu’un de plus âgé. Elle avait 24 ans et 4 mois. Restaient donc 8 mois : on n’a pas le temps de s’attacher aussi rapidement. De plus je lui ai annoncé très sérieusement les conditions dès le départ. Là encore, la rupture a été difficile.

Je me suis donc dit que peut être qu’avec un mec et en plus assez âgé ce serait plus simple. Il s’appelait Guillaume. Il avait de grandes mains, de beaux cheveux noirs et une bouche exquise. Hélas, ça ne s’est pas passé comme je l’avais prévu. Il disait qu’il voulait vivre avec moi, m’épouser … Ça n’a pas été évident de le quitter.

Après ça a été Aurore. Elle avait la beauté de ses 17 ans, le visage de la jeunesse avec encore quelques traces de l’enfance. Ce fut une très belle relation. Avec elle, je me sentais intouchable. Les 8 ans qui nous séparaient de la date fatidique laissaient de la marge. En même temps je me disais qu’elle se lasserait rapidement.
Elle allait fêter ses 20 ans, j’étais bien avec elle. Pour son cadeau d’anniversaire, j’avais prévu de lui offrir un voyage d’une semaine à Rome car elle s’intéressait à l’art Italien.
Une semaine avant ses 20 printemps, elle m’annonçait qu’elle me quittait. J’ai eu mal. Je ne m’y attendais pas. Mais c’est la vie. Je crois que nous étions heureux.

Ensuite ça a été des rencontres fugaces dont la seule utilité était de me faire oublier. J’ai oublié bien des prénoms et biens des visages. Après cette période de rédemption, il y eut Andréa.

C’était amusant de sortir avec quelqu’un qui porte son prénom. Le processus fusionnel n’en est que plus fort. Sa maturité lui permit de comprendre mon angoisse de la vieillesse et elle me dit qu’elle acceptait mes conditions.
Ce fut comme des retrouvailles après une longue séparation. J’aimais son odeur, sa peau, ses longs cheveux châtains, le son grave de sa voix, sa bonne humeur après quelques verres...
Son souvenir m’apaisait. Mais d’un autre côté, je raisonnais froidement et tenais à respecter mes principes. Au fur et à mesure que La date approchait la boule dans mon ventre grossissait.
Ce jeudi, nous savions ce qu’il en serait. Nous nous sommes promenées la main dans la main. Assis sur le Pont des Arts nous nous sommes longuement embrassées et regardées.
A 2 heures du matin, la Tour Eiffel s’est éteinte et Andréa s’en est allée.

Ça a été horrible. C’était comme si une partie de mon être me fut arrachée. La douleur provenait des sentiments que j’éprouvais mais je pense aussi que son prénom a accentué cette sensation. C’était comme si je me quittais moi-même.

Après une longue et dure descente, je touchais le fond.

Les années ont passé, mon cœur a parfois été brisé puis recollé. J’ai certainement fait du mal à certaines personnes. Mais mon visage n’a pas vieilli, en tout cas moins que les personnes de mon âge. Les empereurs chinois avaient raison. Fréquenter la jeunesse permet de la conserver.

Je continue de fréquenter les soirées étudiantes, à sortir avec des personnes de moins de 25 ans et ma peau ferait pâlir d’envie L’Oréal.

Mon seul rival s’appelle Dorian Gray.