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jeudi, 20 janvier 2005

Information et communication : dangereuse confusion des genres

Dans cet article du Monde, on apprend que le PMU va faire la promotion de son Nouveau Quinté + en radio mais hors écran publicitaire. Ce sera sur RTL et Sud Radio, l'animateur lira le message diffusé par le PMU (l'annonce du montant d'une cagnotte) à 7 h 29, juste avant de donner l'heure. Jean-Luc Viaud, directeur général d'IP (la régie publicitaire de RTL) explique que le message ainsi lu sera considéré comme une information faisant partie intégrante des programmes mais que cela ne trompera pas l'auditeur puisqu'il y aura un jingle PMU avant et après l'annonce du montant de la cagnotte. Pourquoi dans ce cas communiquer ainsi ?

L'agence Carat explique cela par le besoin de trouver des idées nouvelles pour se démarquer des publicités classiques.

Se souvenant d'un accord similaire avec Gaz de France en 2004, M. Viaud souligne que "l'objectif était, en faisant lire le message, de lui donner un aspect très naturel, de ne pas créer une rupture trop forte entre programme et publicité"

Ne pas créer une rupture trop forte ou au contraire susciter de la confusion dans l'esprit des gens ? Faire croire que c'est une info alors que c'est de la pub, disons les choses clairement.

M. Viaud précise que "chaque fois qu'il y a une intégration des messages publicitaires avec l'antenne, il y a un dialogue avec la direction de la rédaction pour trouver un accord"

OK, dialogue limité j'imagine. On imagine quand même mal la direction de RTL refuser un contrat important avec Gaz de France.

Tout ça donc pour donner un énième exemple de ce dangereux mélange des genres entre information et communication. J'en parlais encore tout récemment avec la note sur la crise dans les médias.

Pour tenter d'expliquer cela, voici ce que j'ai retenu, entre autres choses, de mon expérience dans les relations presse.

Premièrement, et ça ne surprendra personne, ce métier est une affaire de relationnel. Il faut sans cesse entretenir de bonnes relations avec le journaliste, voir même sympathiser avec lui. Nombre de journalistes et d’attachés de presse sont « amis » et cette situation n’est pas sans danger. Il y a en effet des risques de connivence, de partialité de la part du journaliste qui est censé être neutre (ou en tout cas maître de son avis) et non pas être influencé par son ami-attaché de presse. On peut facilement imaginer un journaliste ne pas écrire d’article sur un produit qu’il a testé mais pas aimé ou pire, un article positif sur un produit juste pour faire plaisir à son ami (j'ai déjà constaté ce genre de "magouilles") Dans ce dernier cas, c’est le lecteur-consommateur qui est insulté puisqu’il croit lire un article de presse (avec tout ce que cela implique ou doit impliquer plutôt) alors qu’au final ce n’est ni plus ni moins que de la publicité détournée.

En parlant de publicité, la frontière entre communication et information est parfois très mince. Un seul exemple : quand des journalistes traitent des produits de la marque X ou Y dans leur magazine, après avoir reçu pratiquement l’article clé en main (rédactionnel+visuel) de la part de l’agence de relations presse, est-ce encore de l’information ? Là aussi, ce type d’articles peut s’apparenter à de la publicité détournée. Les RP est en fait la stratégie détournée de présence dans les médias. Malheureusement, le consommateur lambda n’est, bien souvent, pas au courant de toutes ces techniques et, à l’heure où certains magazines ressemblent de plus en plus à des catalogues, il est en permance confronté à des offres publicitaires sans même s’en rendre compte. Les spécialistes diront que c’est ça la force du marketing et de la communication mais une société où la publicité nous guette à chaque moment de notre vie est, à mon avis, extremement inquiétante. A suivre....

samedi, 08 janvier 2005

Médias en crise

A lire, un article très intéressant du Monde Diplomatique qui est en fait une synthèse des crises en cours dans les médias :

- chute de la diffusion à cause de la montée en puissance des gratuits 20 Minutes et Métro et de la démocratisation de l'Internet à haut débit. Autre facteur : l'engouement pour les blogs "qui montre que beaucoup de lecteurs préfèrent la subjectivité et la partialité assumées des bloggers à la fausse objectivité et à l’impartialité hypocrite d’une certaine presse."

- la perte de crédibilité de la presse écrite. "Celle-ci appartient de plus en plus à des groupes industriels qui contrôlent le pouvoir économique et sont en connivence avec le pouvoir politique." Exemple de Serge Dassault qui possède le Figaro, l'Express.....

Perte de crédibilité aussi à cause des mensonges, bidonnages, manipulations. "A tous ces désastres, il faut encore ajouter la reprise par les grands médias transformés en organes de propagande, en particulier la chaîne Fox News, des mensonges de la Maison Blanche à propos de l’Irak."

Exemples en France également avec les affaires Allègre, du bagagiste d'Orly....

"Toutes ces affaires, ainsi que l’alliance de plus en plus étroite avec les pouvoirs économique et politique, ont causé un tort dévastateur à la crédibilité des médias. Elles révèlent un inquiétant déficit démocratique. Le journalisme de bienveillance domine, alors que recule le journalisme critique."

Un exemple avec toujours Serge Dassault qui souhaite dans la mesure du possible, que le Figaro mette plus en valeur ses entreprises (!)

Mélange des genres entre obsession commerciale et éthique de l'information. Quelles conséquences a l'entrée en Bourse des entreprises de presse ? "Souvent, ceux qui doivent prendre une décision journalistique se demandent si celle-ci fera baisser ou monter de quelques centimes la valeur boursière de l’action de l’entreprise éditrice."

La suite donc avec le Monde Diplomatique